Le monastère peut être visité
Abbaye de Gourdon

L’abbaye Sainte-Marie de Gourdon (appelée aussi abbaye de Léobard ou plus souvent abbaye nouvelle) est une ancienne abbaye cistercienne, fondée au XIIIe siècle par les moines de l'abbaye d'Aubazine, et qui était située sur le territoire de la commune de Léobard, dans le Lot.
Histoire+
Fondation+
L'abbaye de Gourdon est une abbaye-fille de l'abbaye d'Aubazine, fondée un siècle plus tard que les autres abbayes-filles de celle-ci. Les différences apparaissent très nettement dans le choix du site : alors que la plupart des abbayes cisterciennes répondent à l'adage « Bernardus valles amabat » (« Bernard [de Clairvaux] aimait les vallées »), l'abbaye nouvelle est construite sur un piton rocheux de moins de 2 000 m2, Pech-Gisbert, dominant la vallée du Céou. Le nom « de Gourdon » s'explique par le repentir du seigneur qui permet cet établissement : Guillaume de Gourdon, coseigneur de Gourdon, seigneur de Salviac et baron de la Bouriane, donne le 7 mars 1242 ce lieu aux moines d'Aubazine pour éviter un procès en catharisme. L'abbaye est nommée « nouvelle » car une première tentative de fondation d'une abbaye dans cette région avait eu lieu, environ un siècle auparavant en 1150 par Saint-Étienne lui-même, dans la commune actuelle de Lavercantière. Cette abbaye fut déplacée dans le nord du bassin aquitain, à La Garde-Dieu. Il faut attendre un siècle pour avoir des conditions plus favorables à l'installation d'une abbaye cistercienne. deux facteurs importants à cette installation : une nouvelle ère économique prospère et l'apparition de l'hérésie albigeoise dans tout le Quercy. Les seigneurs de Gourdon, bertrand et son fils fortanier sont parmi les inculpés.
Moyen Âge+
Le 30 août 1267, Alphonse de Poitiers fait donations de pâturages à l'abbaye mais durant ces années des difficultés financières apparaissent à l'abbaye. Après ces donations nous trouvons trace de confirmation d'acquisitions. Il semble que le frère du roi ait ordonné à son sénéchal de rechercher la valeur des bien acquis dans ses fiefs et arrière-fiefs par le monastère depuis sa fondation. Le 1er décembre 1267 des saisies de biens et de revenus de l'abbaye sont faites par le sénéchal qui reçoit l'ordre de récréance jusqu'au 10 juin 1268. En mai 1270, un an avant sa mort, Alphonse de Poitiers confirme les acquisitions de l'abbaye nouvelle et établissait une charte d'amortissement pour un revenu de 66 livres de Cahors acquis par l'abbé d'Obazine au profit de l'abbaye nouvelle. L'abbaye reste de taille modeste durant le Moyen Âge. Pour autant, elle croît et s'affermit. Ainsi, en 1273, une bulle de Grégoire X confirme les privilèges de l'abbaye. En 1287, les droits de l'abbaye sont reconnus durant l'assemblée des commissaires royaux à Villefranche-du-Périgord. On trouve cette même année mention du droit de basse justice de l'abbé sur le repaire de la Mothe et de Alboyses. On peut supposer aussi que l'église du monastère fut achevée à cette date. Quelques documents nous font mention de l'abbé de l'abbaye parmi les "exemptés" de 1312 à 1317. Cette relative prospérité ne dure pas. Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais ainsi que les grandes compagnies ravagent l'abbaye : en 1367, une grande compagnie ravage les environs de Gourdon, en 1377, première prise de l'abbaye par les Anglais, « de même le samedi 21 février 1377 où les ennemis prirent l'Abbaye, nous avons transmis le fils de Na Sabatiera à Milhac pour avertir Messire de Thémines de la prise de l'Abbaye et nous lui avons donné 12 deniers […] nous avons envoyé pour la garde de l'église des Menoretas Bertran Duran, Arnal de banast et Huc Delestanc et ils ont veillé ici pour le guet cette nuit-là et huit nuits après nous donnions à chacun 12 deniers, cela monte 24 sols ». L'abbaye est pillée de 1380 à 1392, elle est à peu près ruinée dès 1387. Il semble bien que ces multiples prises de l'abbaye par les Anglais, de son pillage à de nombreuses reprises obligent l'abbé de l'abbaye à ne pas payer la décime au Vatican: un texte daté du 2 février 1393 atteste de ce fait. L'abbaye nouvelle est vraisemblablement devenue inhabitable vers 1380 et a recommencé à tomber en ruine vers 1387. Une tentative de réoccupation des bâtiments semble avoir eu lieu aux alentours de 1392 sous l'abbé Géraud Porquier ; mais cette tentative semblait être vouée à l'échec car dès 1395 on constate deux dépositions, l'une d'un certain Dom Guillelmus de Sancto Claro et l'autre d'un certain Johannes Foresterii qui confirment la une nouvelle prise de l'abbaye par les Anglais. Une réoccupations paraît plus vraisemblable au début du XVe siècle: réoccupation renforcée par le fait que dès 1405 un document atteste d'un paiement d'une décime au Vatican par l'abbé de l'abbaye . En 1453, alors que l'abbé Bernard de Maranzac mène une active politique de refondation de l'abbaye, il y a une consolidation de l'église avec le renforcement des contreforts septentrionaux, le renouvellement des baux en 1451, 1452 1458, 1460 et 1470. Diverses donations courant 1462 permettent d'envisager que l'abbé a pu consolider une partie des bâtiments. L'abbaye ne compte pourtant qu'un seul moine. C'est grâce à une bulle d'Alexandre VI Borgia et datée du 7 juillet 1502, que nous allons savoir dans quel état l'abbaye se situe au tout début du XVIe siècle. Le visiteur, Jean, abbé de La Faise intime l'ordre à l'abbé de l'abbaye (Jean de Ventadour) de réparer ou reconstruire (« restaurare sen de novo construi facere) le cloître, le réfectoire, le dortoir, l'église et de rajouter dans son abbaye six religieux de plus. On retrouve dans différents documents mention du réduit du couvent de l'abbaye nouvelle le 13 avril 1512 « apud et infra reductum Conventus Abbatie nove Marie de Gordonio ». En 1552 les protestants ont pillé Gourdon et les campagnes environnantes. L'abbaye est de nouveau abîmée pendant les guerres de Religion. En 1650, les derniers religieux présents quittent l'abbaye et l'abbatiale devient église paroissiale. C'est en 1658 lors de la visite de l'évêque de Cahors, Alain de Solminihac, que la décision de passage de l'église abbatiale en église paroissiale fut prise, certaines modifications sont entreprises de 1658 à 1669: aménagement d'une rampe d'accès à l'église et d'une porte de style classique dans la façade occidentale.
L'abbaye après les moines+
En 1777 seule l'église est intacte. Cette même année on obligea l'abbé Duval de Varaire de Montmillari à réparer le couvent où ne résidait plus aucun moine. L'enquête une nouvelle fois nous indique dans quel état se situe l'abbaye en 1777: « la principale partie de l'église est encore en état et sert à la place de l'ancienne église paroissiale, qui n'était qu'une crypte obscure et malsaine.
Source : Wikipedia · Licence : CC BY-SA 4.0 · Image : Michel Chanaud
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Lieu : 44.7088, 1.3080