Château fortLes Eyzies-de-Tayac-Sireuil

Château de Commarque

Château de Commarque

Les ruines du château peuvent être visitées

Château de Commarque+

Le château de Commarque est situé dans la région française de Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Dordogne, dans la vallée de la Grande Beune, à proximité du site archéologique de l'Abri de Cap Blanc, en vue du Château de Laussel, qui ne peut être visité, à environ 8 km à l'est des Eyzies. La désignation Château-de-Commarque, telle qu'on la trouve sur les cartes et les panneaux locaux, est trompeuse, car il ne s'agit pas d'un seul château, mais d'un ancien village fortifié, un Castrum, derrière les murs duquel se sont réunis au Moyen Âge six tours de sièges de chevaliers ou de nobles, également appelées maisons fortes (n° 1, 2, 3, 4, 5, 7). Il existe des parallèles, comme la colline fortifiée de Chauvigny, ou les Tours de Merle dans le Limousin. Il est important de noter pour le site que des personnes cherchant refuge se sont installées ici sous, dans et sur la falaise escarpée de manière presque ininterrompue, depuis les premiers millénaires néolithiques, en passant par l'époque troglodytique après le début de notre ère, le Moyen Âge jusqu'au début de l'époque moderne.

Histoire+
Paléolithique supérieur+

Dès le Paléolithique supérieur, des hommes s'étaient également installés dans la vallée de la Grande Beune sous des abris de falaises verticales et y avaient laissé leurs traces. Ainsi, juste sous les murs de la forteresse, au niveau du fond de la vallée, se trouve un abri avec une grotte (Grotte de Commarque), dans laquelle les premières cultures ont gravé des représentations de chevaux et de bouquetins, preuve que des hommes vivaient ici il y a plus de 17 000 ans. La grotte n'est pas ouverte au public en raison de son étroitesse.

Troglodytisme+

Un peu au-dessus de l'abri, à mi-hauteur de la paroi rocheuse, on aperçoit d'en bas des cavités dans la roche, auxquelles mène un escalier étroit. De même, on peut y accéder latéralement depuis le site de la forteresse médiévale, au niveau de la chapelle et de l'ancien passage de la tour de défense. On y découvre une habitation troglodytique creusée dans la roche, une « habitation rupestre », qui a généralement été rendue utilisable pour l'homme et l'animal domestique par un approfondissement supplémentaire des cavités rocheuses naturelles. La position plus élevée dans la paroi rocheuse et les accès généralement étroits offraient une meilleure protection et permettaient des défenses plus simples contre les maraudeurs que les habitations de plain-pied. Des habitations troglodytiques comparables, comme celles de La Madeleine, datent du VIIIe siècle. Le logement se compose ici d'une grande pièce de vie et de couchage avec des niches de couchage et des passages directs vers la porcherie et la bergerie. L'homme et l'animal y vivaient ensemble côte à côte.

Moyen Âge+

À la suite des tours de défense en bois, la construction des premières tours en pierre commença au XIIe siècle, la famille de Commarque (2) étant parmi les premières sur place, immédiatement suivie par celle de Beynac (1). Les deux familles avaient leurs sièges de chevaliers à la position la plus élevée du terrain qui montait d'abord verticalement puis moins abruptement depuis la vallée. Aux XIIe et XIIIe siècles, la colonie se développa en une forteresse avec les sièges des chevaliers, les maisons d'habitation, les entrepôts, les ateliers et les étables des animaux des villageois, qui étaient principalement employés dans l'agriculture. On cultivait dans la vallée des céréales, des légumes et du chanvre textile. Les habitants de la colonie étaient autonomes, tant en ce qui concerne la défense que l'alimentation. L'habitation troglodytique faisait également partie du village fortifié au Moyen Âge.

Les sièges de chevaliers avec leurs tours étaient d'une part réunis derrière le mur d'enceinte commun, et leurs seigneurs s'entraidaient pour la défense de leurs biens à l'extérieur. Mais ils prenaient également des précautions entre eux, en se délimitant mutuellement par des murs de fortification et des fossés, en cas de conflits internes. L'ensemble du site, y compris les fossés de fortification, occupait une superficie d'environ 3 500 mètres carrés. La Grande Beune, qui coule dans la vallée, était utilisée pour l'irrigation des champs et était également la ligne de démarcation entre les possessions des évêques de Sarlat du côté de Commarque et celles des comtes du Périgord, y compris le château de Laussel situé en face.

Succession des seigneurs de Commarque+

L'un des seigneurs de Commarque était Pons de Beynac, qui, par le mariage de sa cousine, unit les fiefs de Beynac et de Commarque. Il fut impliqué dans diverses disputes avec les Anglais. Par un second mariage, il s'unit à l'héritière de Castelnaud et augmenta ainsi ses richesses.

Arrêt de la dégradation des ruines du Castrum+

Le terrain est aujourd'hui la propriété d'un descendant de la famille de Commarque, Monsieur Hubert de Commarque. Depuis 1968, il organise le dégagement et la sécurisation des ruines de l'agglomération fortifiée menacées de dégradation. La nature avait déjà reconquis de grandes parties des constructions, qui étaient envahies par le lierre et les arbres et se désagrégeaient de ce fait. Des chênes poussaient même au sommet du donjon. Depuis 1980, les travaux sont soutenus par l'État français, et depuis 2002, un programme de fouilles est en cours, dont le résultat doit permettre aux visiteurs de mieux comprendre l'histoire de l'agglomération fortifiée.

Lieux individuels de la colonie+
La salle des gardes+

À côté de la poterne inférieure (8), on peut voir les vestiges d'une salle de repos pour le personnel de garde. L'habitabilité de la pièce est attestée par des traces de serrures de portes et de bancs, et de trois grands anneaux de plafond.

La tour de défense ou la porte fortifiée (7)+

De récentes fouilles ont mis au jour les fondations de la tour de défense romane. Un passage voûté a également été prouvé, assurant la liaison entre la chapelle et la poterne. Cette porte fortifiée, construite entre le XIIe et le XIIIe siècle, fut entièrement détruite au XIVe siècle.

La chapelle Saint-Jean (6)+

De l'église paroissiale Saint-Jean, construite au XIVe siècle, subsistent le chœur rectangulaire, voûté d'un berceau légèrement brisé et de trois arcs doubleaux, les départs de la nef rectangulaire et le mur pignon de la nef avec trois ouvertures en plein cintre pour accueillir des cloches. Dans le chœur, trois petites fenêtres en plein cintre sont ménagées. Les formes n'indiquent pas un style gothique. Sur l'arc doubleau central, le blason de Pons de Beynac, un écu à dix bandes horizontales, alternativement rouges et or. Sur les pierres de la voûte, on voit des chiffres romains gravés, probablement des marques de pose des tailleurs de pierre. La pierre d'autel redécouverte reprend sa place originelle dans le chœur. Sous le chœur de l'église, en travers, se trouve un passage, probablement destiné aussi aux charrettes et au bétail, couvert d'un berceau brisé. C'était un accès principal au village fortifié. L'accès était protégé par la seule croyance que personne ne pouvait passer impunément sous l'autel avec des armes sur le corps. À ce jour, il n'existe qu'un seul document concernant l'église : en 1382, la nièce de Jean de Commarque fit don de deux livres de cire pour l'éclairage de l'église.

La maison-tour à contreforts (5)+

L'une des plus anciennes maisons du site est celle qui doit son nom à ses contreforts tournés vers la vallée ; elle fut probablement construite au milieu du XIIe siècle. Le nom d'un seigneur noble n'est pas connu. Au XVIe siècle, le confort de la maison fut amélioré par l'installation d'une plus grande fenêtre, ainsi que de latrines et d'une cheminée. La pièce du rez-de-chaussée, creusée dans la roche, servait d'entrepôt ; à l'étage se trouvait l'unique pièce de séjour pour vivre et dormir.

La maison avec four à pain (4)+

Juste au-dessus de la maison précédente et séparée seulement par un étroit passage (fossé) se trouve la maison avec four à pain, que l'on trouve à l'intérieur de la cheminée de chauffage. Entre les deux maisons, on reconnaît les vestiges d'un pont-levis, auquel appartiennent les corbeaux qui peuvent recevoir la passerelle posée sur le fossé. Ce passage était réservé uniquement aux habitants des deux maisons.

La tour de défense de Jean des Escars (3)+

La tour de défense, érigée à peu près au milieu entre les limites supérieure et inférieure de la forteresse, se trouve exactement sur la limite sud-est. Son mur pignon fait partie du mur d'enceinte extérieur. Elle fut construite au XIIIe siècle. Un document rédigé en 1598 la décrit ainsi : « Grande tour de défense carrée, autrefois beaucoup plus haute et plus puissante qu'aujourd'hui, détruite par le seigneur de Beynac. » Les vestiges du bâtiment, récemment restaurés, ont conservé l'aménagement médiéval.

La tour de défense du siège des chevaliers de Commarque (2)+

Elle fut probablement érigée en même temps que la tour romane des Beynac au XIIe siècle, précisément dans le coin sud du castrum. Deux de ses murs extérieurs font partie du mur d'enceinte de la localité. L'étendue et l'aspect de ce siège de chevaliers sont largement inconnus, à l'exception des murs d'enceinte de la tour, encore hauts de deux étages, et des autres murs plus petits.

Le siège des chevaliers de Beynac (1)+

Le château des Beynac était la plus grande forteresse individuelle de la colonie et, avec sa cellule primitive, le donjon roman, l'une des premières constructions de tours. Le château avec son fossé de séparation occupe plus d'un quart de l'ensemble du castrum. Outre l'altitude, l'étendue de la superficie du château démontrait également la position de pouvoir de sa seigneurie féodale.

Le système de défense+

Le château des Beynac avait, comme beaucoup d'autres châteaux, un système de défense à trois éléments ; si l'on ajoute le mur d'enceinte de la localité, il est même à quatre éléments. Le premier élément est la basse-cour, avec son ouvrage avancé à l'intérieur du castrum. Elle est formée par la petite cour derrière l'ancien accès au château, avec pont-levis, et le bâtiment de la « grande salle » (g). Si les assaillants pénétraient ici, ils étaient exposés aux tireurs qui se tenaient derrière les nombreuses meurtrières, encore visibles, dans la tour d'escalier et dans le mur du deuxième anneau de défense. La grande salle pouvait donc déjà tomber aux mains des premiers intrus dans le château. Cela pourrait être l'une des raisons pour lesquelles cette pièce n'existe presque plus. La section de défense suivante est le château principal ou de refuge. Elle comprend essentiellement la grande cour intérieure, les pièces d'habitation (f) et la deuxième tour d'escalier (e) qui les dessert. La cour intérieure est à nouveau entourée de meurtrières dans les bâtiments environnants. La troisième et dernière section de défense est le double donjon, dans lequel les derniers défenseurs et la seigneurie pouvaient se réfugier pour le « dernier salut », puis monter étage par étage.

La pièce au rez-de-chaussée du donjon était une pure « salle de défense », remplie d'armes et de leur personnel, qui pouvaient couvrir leur champ de tir presque tout autour.

Le double donjon (b)+

Le donjon du siège des chevaliers de Beynac se compose de deux phases de construction : la première, une tour romane du XIIe siècle, à côté et au-dessus de laquelle se trouve la seconde, une tour gothique du XIIIe siècle. Le premier donjon, initialement isolé, reconnaissable à ses murs de 2 mètres d'épaisseur, mesurait 21 m de haut. En raison de l'épaisseur des murs, l'espace intérieur utilisable était si fortement réduit qu'il était à peine envisageable comme habitation. Il devait plutôt être un symbole de l'autorité illimitée de sa seigneurie féodale, visible de loin. Le donjon gothique ajouté plus tard au XIIIe siècle porte l'ensemble à plus de 30 mètres de hauteur.

Rez-de-chaussée+

Au rez-de-chaussée (au niveau de la cour du château) du donjon, la plus grande pièce (d) n'était utilisée que pour la défense. La niche murale en hauteur présente trois meurtrières. Un fente horizontale les relie, élargissant le champ de vision. Sur le mur côté fossé, la niche a été percée pour y installer un pont-levis. De l'autre côté du fossé, un ouvrage avancé de défense a été construit. On accède à la pièce adjacente du donjon roman par une porte percée ultérieurement. À l'origine, cette pièce était un silo de stockage, auquel on ne pouvait accéder que par une trappe dans le plafond voûté.

Le bâtiment résidentiel (f)+

Depuis la tour d'escalier pentagonale (e) du XVe siècle, on peut voir l'intérieur du bâtiment résidentiel. C'est là que vivaient les seigneurs en temps de paix. Les planchers y sont détruits, à l'exception des restes des poutres de plafond. Le rez-de-chaussée a été construit au XIIe siècle, les grandes fenêtres avec des croix en pierre de taille et les cheminées de chauffage à chaque étage datent du XVe siècle. Le dernier seigneur féodal à y avoir vécu, Guy de Beynac, est décédé en 1656.

La grande salle (g)+

La salle rectangulaire, construite vers 1380, était couverte d'une voûte gothique en ogive. Elle servait à Pons de Beynac, entre autres, pour tenir des audiences, recevoir des émissaires d'autres seigneuries et recevoir le serment de fidélité de ses vassaux. À ce jour, les causes de l'effondrement de la grande salle sur plus des trois quarts de sa superficie restent inexpliquées.

Les entrées du château et les ouvrages avancés (9)+

En face de l'entrée principale d'origine du siège des chevaliers de Beynac se trouve un ouvrage avancé, également appelé barbacane, destiné à la défense précoce de l'entrée du château. Il est encore largement enfoui aujourd'hui. Sur les murs montants, il faut imaginer des créneaux derrière lesquels les défenseurs trouvaient refuge. Entre l'ouvrage avancé et la porte d'entrée, il y avait un pont-levis qui pouvait être relevé en cas de chute de la barbacane. La situation était similaire pour l'entrée percée plus tard dans le donjon gothique sur le côté sud-ouest. L'accès actuel par une passerelle (a), directement dans la cour centrale du château, était à l'origine muré et équipé de meurtrières.

Premier étage du donjon gothique+

Une fenêtre double avec division par colonne et bancs latéraux dans l'embrasure assure la lumière du jour. Sur la croisée de la fenêtre, il y a un système de fermeture pour les volets, appelé « Colombe ». Un escalier mène au chemin de ronde.

Deuxième étage du double donjon+

Ici, on accède à une grande salle de séjour couverte d'une voûte gothique à cinq nervures, reposant sur des consoles sculptées. Sur la clé de voûte au centre de la voûte, le blason de Pons II de Beynac. Un petit blason est complété par un casque à fentes de vision, orné de deux cornes latérales et d'une croix sur la joue droite. Lors d'un combat, l'ornement de casque rouge et or était visible de loin pour les hommes. Un passage mène à la pièce la plus haute de la tour romane, avec les murs d'enceinte. Une fenêtre avec une « grille » de cinq colonnes assure la lumière du jour, des deux côtés les célèbres « bancs » de fenêtre, sur lesquels on peut jouer aux échecs tranquillement sur un échiquier gravé.

Terrasse et tour de guet+

Un étage plus haut, on accède à la terrasse et encore plus haut à une tour de guet qui y est ajoutée. Grâce à elle, la hauteur totale du donjon atteint 34 m, soit 62 m au-dessus du fond de la vallée. De là, on pouvait voir les clochers des paroisses appartenant au territoire de la seigneurie de Commarque, ce qui n'est plus possible aujourd'hui en raison de la croissance élevée des forêts.

Les fossés de défense (Gr)+

Le long du mur d'enceinte sur les deux versants montagneux du castrum, des fossés de défense ont été creusés dans le sol rocheux. En raison des hautes parois rocheuses verticales, il a été possible de s'en passer sur les côtés du nord-ouest au nord-est. Il y avait également des fossés entre les différents sièges de chevaliers. Le grand fossé entre le château principal des Beynac et le reste de la colonie est particulièrement prononcé. On peut encore y reconnaître des carrières de pierre naturelle pour les murs des installations.

Emportez l'Histoire Mobile avec vous en voyage

Vous lisez ce texte gratuitement. Avec Premium, vous obtenez ce qui compte en déplacement : la lecture des descriptions, la recherche d'objets via la caméra, et la possibilité d'emporter des régions hors ligne.

  • Tous les textes descriptifs, y compris ceux des ~17 700 objets Premium
  • Audioguide : faites-vous lire les descriptions sur place
  • Viseur AR : voyez les objets à travers votre appareil photo, avec distance et direction
  • Liste de favoris illimitée

Essayez gratuitement pendant 14 jours, puis à partir de 2,99 € par mois. Annulable à tout moment.

Source : Wikipedia · Licence : CC BY-SA 4.0 · Image : Michel Chanaud

La description s'appuie sur les faits documentés dans l'article Wikipédia lié ; le contenu de Wikipédia est sous CC BY-SA 4.0. Formulation et édition : Mobile Geschichte.

Lieu : 44.9419, 1.1015