Propriété privée
Château de Mottechaix

Le château de Mottechaix se situe à Vertou en Loire-Atlantique (France), sur un coteau au bord de la Sèvre nantaise.
Histoire+
Le nom Mottechaix peut se comprendre comme la « butte aux chênes » ou « petite motte ». À l'origine, la propriété appartient à la famille Bonvalet, issue de la commune de Vertou. L’ancien manoir seigneurial est acquis à la fin du XVIIIe siècle par Jean-François Bonvalet (1727-1795), capitaine de navire et corsaire. En bordure du chemin de halage qui longe la Sèvre, en bas du coteau, se situe l'ancienne habitation, comme le rapporte le cadastre napoléonien (1830). Elle se constitue d’une maison de maître en équerre, pourvue d’une galerie et couverte d’ardoise, et de plusieurs bâtiments de fermes et annexes. L’ensemble est bâti autour d’une cour fermée. À cause de la Sèvre et des crues fréquentes, l’habitat se trouve à l’étage ; la galerie et la cour ont toutes deux un accès donnant sur le coteau. La propriété est fortement abîmée pendant la Révolution française. En 1813, Marie Couturier, veuve de Jean-François Bonvalet, laisse la maison de maître à sa fille, Rose Anne (1772-1818), et à son gendre, Jean-Baptiste Le Cour Grandmaison (1759-1861), mariés en 1791. Les Le Cour Grandmaison sont une famille d'armateurs et d'hommes politiques durant les XIXe et XXe siècles. Leur fils, Jean-Baptiste Charles, armateur, fait entièrement reconstruire la maison de maître vers 1850, sous la forme d’une villa néo-classique accompagnée d’un parc paysager dominant le pays. En 1847, Jean-Baptiste Le Cour Grandmaison a acheté le moulin de la Garouère, qui devient la ferme de Mottechaix. Vers 1860, à la place du vieux logis, Jean-Baptiste fait bâtir le château de Mottechaix et agrandit le « faire valoir » (environ 30 ha) pour jouxter la propriété de son frère Adolphe, qui vit à La Boissière. À la mort de Jean-Baptiste, son fils Charles, époux de Louise François-Saint-Maur, reçoit la propriété. Ses deux autres frères et sa sœur, épouse de Raoul Le Quen d'Entremeuse, conservent l'immeuble nantais, au n°2 de la rue de Bréa. La propriété passe ensuite à leurs descendants jusqu'en 1992. Une rue de Vertou rappelle le souvenir de Charles Le Cour (Canton de Vertou) qui a siégé au conseil municipal. Le poète Émile Grimaud (1831-1901) évoque la propriété vertavienne dans un hommage rendu à la maîtresse des lieux et intitulé Cadeau de voisin (1879). En 1992, les héritiers d’Antoine Le Cour Grandmaison, dernier propriétaire, vendent la propriété par lots.
Architecture+
Le château actuel de Mottechaix, implanté sur le coteau du domaine, visible depuis la Sèvre, est dans le style des villas de plaisance du XIXe siècle. Au cours du XVIIIe siècle, le goût pour la résidence de campagne se développe dans l’aristocratie et la bourgeoisie des grandes villes ; cet intérêt se poursuit au XIXe siècle. Le long de la Sèvre, de nombreuses villas voient le jour, installées au milieu de parcs arborés, se composant généralement d’une maison de maître et de bâtiments servant à l’exploitation agricole. Le domaine de Mottechaix se rapproche des villas de plaisance du pays nantais par l’utilisation de l’architecture néo-classique inspirée du néo-palladianisme, rappelant l’architecture de la Renaissance italienne. La symétrie de la façade, l’usage de décors à l’antique, l’intégration de l’édifice dans un paysage, le lien avec le réseau hydrographique et routier : tous ces conseils de l’architecte Andrea Palladio sont appliqués au domaine de Mottechaix. Cette volonté d’apparaître est typique des grandes demeures de Vertou, contrairement aux domaines d'autres communes du Vignoble nantais.
Extérieur+
L'édifice actuel, de forme quadrilatère, qui caractérise les villas de plaisance du XIXe siècle, remplace une ancienne bâtisse édifiée en bord de Sèvre et sujette aux moindres montées d'eau. Côté sud, le péristyle de 4 colonnes supporte le balcon de la chambre de maître de l'étage. Les quatre façades, qui reprennent les codes du style grec, sont ceinturées dans la partie supérieure de balustres. Le toit à quatre pentes demeure invisible pour l'observateur resté sur le sol.
Intérieur+
L'édifice s'élève sur 2 niveaux. Au rez-de-chaussée se déploie une enfilade de 3 pièces dont les hautes fenêtres (maintenues fermées par des espagnolettes) s'ouvrent sur la Sèvre nantaise : salle à manger, grand salon et petit salon. Les pièces qui reçoivent la lumière venant du parc sont destinées à la vie quotidienne : cuisine, office (doté d'une sous-pente), vestibule duquel démarre l'escalier qui conduit au niveau supérieur, toilettes, cagibi et bureau. Une extension offre 2 chambres supplémentaires, ainsi qu'une salle de bain. Au niveau supérieur, un grand dégagement où se situait avant un billard, donne accès aux chambres : 4 côtés Sèvres et 3 autres côté parc. Un escalier dérobé permet d'accéder au grenier où se trouvent également d'anciennes chambres de service.
Parc+
Le parc s'étend principalement entre les piliers qui marquent l'entrée de la propriété et le perron nord du château. Une large allée circulaire délimite les prairies des bâtiments de la ferme située sur le coteau de la Garouère, attenante à la propriété, mais masquée par un rideau de taillis et d'arbres de toutes essences. Les restes du moulin à vent font face à celui du coteau du Chêne, qui domine le moulin Gautron. Cette promenade dessert un terrain de tennis en terre battue. Un jardin potager, clos moitié par une haie et moitié par un mur, renfermait des carrés de légumes, des rangées de fleurs et des alignements de poiriers. Une serre (autrefois chauffée), adossée au mur d'enceinte, assurait notamment la production de raisin de table. Dans la prairie à flanc de coteau, un magnolia grandiflora arbore durant les vacances de Noël, une guirlande électrique aux ampoules multicolores. De vieux cèdres sont visibles de la chaussée.
Exploitation agricole+
La superficie de l'exploitation s'étend par l'acquisition successive de terrains agricoles, tel que le moulin de la Garouère et les lopins de vignes. La famille Bioteau exploite la borderie, composée de bâtiments d'habitation et d'exploitation. Un état des lieux daté du 1er novembre 1935 comporte un hangar monté sur pilier de bois, une grange, un poulailler, un cellier, une écurie, un four et fournil, une chambre à coucher, une cuisine, un moulin, le jardin. Les terres mises à bail sont 1 prairie située au lieu-dit la Bonde, 1 parcelle dans le Pré des Quartiers, 1 canton de pré au lieu-dit la Folinarde et 1 canton de vigne et 1 parcelle de gros-plant, à l'entrée de Mottechaix, dit Baco.
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Source : Wikipedia · Licence : CC BY-SA 4.0 · Image : A2barmon · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0
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Lieu : 47.1699, -1.4840