Le fort peut être visité
Fort Paté

Le fort Paté est un fort militaire construit sur l'une des îles de l'estuaire de la Gironde, l'île Paté. Il se trouve sur le territoire de la commune de Blaye.
Historique+
Fort Paté constitue avec fort Médoc et la citadelle de Blaye le triptyque défensif mis en place par Vauban sur l'estuaire de la Gironde dans le but de protéger Bordeaux et son port. Ce triptyque permet d'éviter que Bordeaux ne fasse « la gueuse » (pour reprendre l'expression de Vauban) c'est-à-dire qu'elle cesse de se vendre à l'ennemi, de lui tendre la main, qu'il soit Anglais pendant la guerre de Cent ans ou encore Espagnol pendant les périodes de Fronde et de Ligue. En 1690, Louis XIV valide la construction du fort. Le banc de sable non stabilisé qui s'est créé quelques dizaines d'années avant la construction du fort ne constitue pas un terrain stable et un double grillage de bois doit être mis en place sur toute la surface du fort pour assurer l'assise du bâtiment. Sa construction s'achève en 1693. De forme ovale, le fort mesure 12 mètres de haut. Il se trouve dans l'alignement de fort Médoc et de la citadelle de Blaye. En 1948, le fort est acheté aux Domaines par un notaire médocain. Le fort Paté est inscrit aux monuments historiques le 17 juillet 1935, avant d'être classé par arrêté le 9 octobre 2013. Le 7 juillet 2008, le fort Paté (avec la citadelle de Blaye et le fort Médoc) est l'un des douze sites intégrés au Réseau des sites majeurs de Vauban, nouvellement promu au patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2014, les quatre descendants de la famille propriétaire décident de mettre en vente le fort.
Architecture+
Le fort est de forme très ramassée. Il est constitué en pierre de taille pour l'essentiel de la maçonnerie mais aussi en brique, notamment sur la face extérieure des créneaux (face exposée aux tirs). Les 32 meurtrières se trouvent dans les salles du rez-de-chaussée qui entourent le magasin à poudre. Un escalier à vis permet d'accéder à l'étage. Au sommet du fort on retrouve le corps de garde, contenu entre la cuisine et deux salles aux dimensions plus petites, l'ensemble protégé par des embrasures de tir. Deux guérites en pierre, dont une située au sud et présentant un assommoir surmontant l'entrée principale du fort, servaient à l'observation. Des gargouilles permettaient l'évacuation des eaux de pluie de la terrasse vers l'extérieur du fort et l'eau de la toiture était recueillie vers la citerne située sous la grande galerie voûtée du rez-de-chaussée. L'architecture est très minimaliste loin du projet le plus ambitieux envisagé avec un fort et quatre bastions, non réalisé à cause de l'état des sols. Le fort Paté constituait au fond une architecture plus dissuasive que défensive.
Armement et rôle défensif+
Avec la citadelle de Blaye et le fort Médoc, le fort Paté constitue l'élément central du triptyque permettant aux secteurs de tirs de se recouper et d'empêcher ainsi le passage des navires ennemis. La carte du Sir Bellin, ingénieur de la marine en 1759 mentionne pour Fort Paté l'armement suivant : 8 pièces de 36 livres, 10 pièces de 24 livres et 2 pièces de 12 livres. Les pièces d'artillerie les plus lourdes (36 livres) étaient probablement placées sur la batterie basse située au pied du fort et aujourd'hui encore perceptible dans les mouvements du terrain. Depuis cette dernière, on effectuait le tir à « couler bas », dans la ligne de flottaison du navire ennemi. Cette batterie basse était défendue par la galerie de tir rythmée par les 32 meurtrières depuis laquelle la mousqueterie protégeait les artilleurs manipulant les pièces au pied du fort. Sur la terrasse, on pratiquait le tir à démâter : deux demi-balles reliées entre elles par une chaîne et orientées vers la mature et les voiles du navire. Sur place, l'évolution des embrasures de tir de la terrasse laissent présager celle de l'artillerie. Leur état actuel (embrasures occultées) atteste du passage d'une fonction défensive liée au tir à une fonction strictement liée à l'observation depuis ce nouveau chemin de ronde ; le tir se faisant désormais depuis les quatre casemates situées au pied du fort, probablement construites dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Avec l'évolution de l'artillerie et notamment de la portée des canons, le verrou verra sa situation géographique évoluer au XIXe siècle, plus en amont de l'estuaire.
Source : Wikipedia · Licence : CC BY-SA 4.0 · Image : GBR2blaye · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0
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Lieu : 45.1177, -0.6785