Siège de la congrégation des Sœurs
Abbaye St-Gildas-des-Bois

L'ancienne abbaye de St-Gildas-des-Bois est située dans la commune du même nom, dans le département français de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire. L'église abbatiale a été classée monument historique le 30 décembre 1994, les autres bâtiments de l'ancienne abbaye le 2 juillet 2003.
Histoire+
La fondation de l'abbaye bénédictine de St-Gildas-des-Bois a eu lieu au début du XIe siècle. Elle s'inscrit dans un plus grand nombre de nouvelles fondations dans le cadre d'une vague d'évangélisation qui a débuté vers l'an 1000 depuis l'abbaye de Cluny, à cette époque le centre spirituel de l'Europe. Elle a été réalisée à la demande de l'abbé Félix du monastère bénédictin de Saint-Gildas-en-Rhuys, qui a tenté de ré-évangéliser le sud de la Bretagne après des années d'invasions vikings. Des communautés monastiques devaient y être fondées et devenir des centres de vie spirituelle. Il a convaincu Simon Ier, seigneur de La Roche-Bernard, de permettre la fondation de la nouvelle abbaye de St-Gildas-des-Bois sur sa propriété de Lampridic, où le frère de Simon et son père Bernard devaient également trouver leur sépulture. Pour réaliser le projet, Simon de La Roche s'est tourné vers l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. L'abbé Catwallon, qui a dirigé l'abbaye de Redon de 1009 à 1041, a détaché en 1026 (selon un faux document qui n'a pu être émis avant 1039) huit de ses moines pour former le premier noyau de la nouvelle communauté. À leur tête se trouvait Helogon, qui est ainsi devenu le premier abbé de St-Gildas-des-Bois. Helogon devait recevoir un revenu de 3500 francs et avait le droit de célébrer la messe en tenue épiscopale. Les moines ont pu utiliser au début l'église primitive de Lampridic, qui existe probablement depuis le VIe siècle. Simon de La Roche et Helogon se sont rendus personnellement à l'abbaye de Saint-Gildas-en-Rhuys et en ont rapporté les reliques de saint Gildas. Elles ont été conservées dans un reliquaire, qui a été perdu au début de la Révolution française. Ces reliques ont attiré des pèlerins dans l'église primitive, venus vénérer le saint thaumaturge, réputé pour guérir la folie, appelée la « maladie de saint Gildas ». La foule se pressait particulièrement les trois jours d'indulgence de l'année : le 29 janvier, jour de la mort du saint, le 11 mai, jour du transfert de son corps à Rhuys, et le 1er juillet, jour de l'arrivée des reliques à Lampridic. Le succès de ces pèlerinages et l'affluence qui leur était associée ont fait de l'église primitive un lieu inadapté au fil des ans. On a ressenti la nécessité de construire un nouveau bâtiment d'église, digne du saint et suffisamment grand pour accueillir les foules de pèlerins qui venaient l'y vénérer. C'est pourquoi, à la fin du XIIe siècle, l'actuelle église abbatiale est construite, environ 150 ans après la fondation de l'abbaye. Jusqu'à aujourd'hui, elle constitue l'un des édifices religieux les plus remarquables des environs de Nantes en raison de l'unité de son style. En novembre 1383, l'abbé Hervé II du Port conclut une confrérie de prière avec Robert Pépin, l'abbé de Notre-Dame du Tronchet. Au début du XVe siècle, le porche de la salle capitulaire est construit, flanqué de deux fenêtres lobées. Dans cette salle capitulaire, l'abbé réunissait quotidiennement la communauté des moines pour y lire un chapitre de la règle de saint Benoît ou prendre des décisions concernant la vie monastique. En 1492, le roi de France Charles VIII, qui vient d'épouser la duchesse Anne de Bretagne, nomme Jean Bohier, recteur de Saint-Flour et protonotaire apostolique, abbé commendataire de Saint-Gildas. Avec son installation commence le système de la commende : à partir de ce moment, l'abbé n'est plus élu par la communauté des moines et ne réside plus à l'abbaye. Le monastère est placé sous la responsabilité d'un prieur, qui change de fonction tous les trois ans. C'est le début du déclin de l'abbaye. Néanmoins, elle a subsisté jusqu'à la Révolution française, jusqu'à sa suppression en 1790. Les bâtiments abbatiaux, qui avaient été rénovés au XVIIIe siècle, ont été rachetés par l'abbé Gabriel Deshayes pour y installer en 1828 la maison mère des Sœurs de l’instruction chrétienne de Saint-Gildas-des-Bois.
Architecture+
L'église abbatiale+
Extérieur
La pierre utilisée pour la construction de l'église abbatiale de St-Gildas-des-Bois est un grès ferrugineux, appelé « Roussard ». Il a la particularité de s'oxyder avec l'humidité. On le trouve en blocs compacts dans la région. Il a également été utilisé pour la construction d'autres édifices religieux de la même époque (par exemple l'abbaye Notre-Dame de Melleray), mais à Saint-Gildas-des-Bois, il a été utilisé de la manière la plus cohérente. La façade principale était à l'origine percée de simples fenêtres. En 1436, l'abbé Hervé de Beaudois fit percer une grande ouverture de fenêtre dans le pignon grâce aux donations de Jean VI, duc de Bretagne, caractéristique de la « Renaissance bretonne ». Près d'un siècle plus tard, l'un de ses successeurs, Guillaume Eder, la fit réduire et, à cette occasion, fit graver ses armoiries et la date dans la pierre : Anno Domini 1533. Le portail en arc brisé date du XIIe siècle, tout comme le clocher de la croisée carré, percé de deux fenêtres de chaque côté.
Intérieur
La nef principale, le transept et le chœur datent de la fin du XIIe siècle et se distinguent par leur volonté de retour à la simplicité, ce qui correspond tout à fait à l'esprit de l'époque qui a vu le renforcement de l'ordre cistercien, fortement représenté en Bretagne, même s'il s'agit ici d'une fondation bénédictine. La nef principale possède six travées et est couverte d'une charpente en bois en berceau. Elle s'ouvre sur les bas-côtés également couverts de charpente par des arcs brisés à double ressaut, reposant alternativement sur d'épaisses colonnes rondes et sur des piliers carrés, précédés de quatre demi-colonnes. Du côté de la nef principale, une demi-colonne s'élève à toute la hauteur de l'arc brisé et se termine brusquement sans transition. Au-dessus des arcs, la surface murale nue est percée de grandes fenêtres en arc brisé sans division en travées. Le transept repose sur des piliers complexes. Les grands arcs à double ressaut s'appuient sur des piliers précédés de colonnes qui se terminent par des chapiteaux ornés de simples motifs lobés. Le chœur possède deux travées droites qui se terminent par une abside à trois pans. L'abside est éclairée par sept fenêtres, séparées par des colonnes encastrées qui soutiennent la voûte. Celle-ci, ainsi que celle du transept, a été ajoutée ultérieurement en remplacement de la voûte en bois d'origine. Le chœur est équipé de stalles en chêne de 36 places, datant du XVIIe siècle. L'ancienne clôture monastique porte la date de 1711. Elle a été transformée en portail intérieur en 1840 lors de la transformation de l'ancienne église abbatiale en église paroissiale. La grille en fer forgé, déplacée à l'entrée de l'église, date du XVIIIe siècle.
Les vitraux
Début août 1944, les troupes alliées de libération avancent sur Nantes. La forteresse de Saint-Nazaire, tenue par les troupes allemandes, se forme. Le 12 août 1944, Saint-Gildas-des-Bois subit deux attaques aériennes. Lors de la première attaque, une bombe touche directement le clocher de l'église abbatiale. Le toit de la tour s'effondre alors sur la voûte du transept. Consumée par le feu, la tour elle-même s'effondre le lendemain, entraînant les quatre cloches dans sa chute. La pression de l'air détruit toutes les fenêtres et endommage gravement les toits. L'église abbatiale est alors exposée aux intempéries pendant plusieurs années et ne peut retrouver son aspect original qu'au prix de travaux complexes entre 1950 et 1960. Les fenêtres complètement détruites sont remplacées, faute de moyens financiers, par des fenêtres en verre cathédrale de faible valeur artistique. Plus de quarante ans plus tard, en 2007, quatorze d'entre elles sont remplacées, avec le soutien d'amateurs du patrimoine, par des fenêtres en verre de cristal translucide unicolore, représentant des enfants. L'ensemble a été conçu par l'artiste Pascal Convert. L'artiste a voulu s'inspirer du patronage de saint Gildas, invoqué comme guérisseur de la folie. C'est pourquoi il s'est procuré aux Archives nationales des photos d'enfants tirées du livre « Invention de l'Hystérie » de Georges Didi-Huberman, un livre sur les pratiques utilisées à l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris à l'époque de Jean-Martin Charcot en relation avec l'hystérie. Les visages ont été modifiés de manière à représenter les enfants les yeux fermés dans une sorte de situation méditative. C'est ainsi que sont nés les portraits sur les vitraux. Les étapes suivantes de la réalisation ont été prises en charge par Claus Velte pour les matrices, Olivier Juteau pour la fabrication des plaques de cristal et le maître verrier Jean-Dominique Fleury.
Liste des abbés+
Abbés réguliers+
Helogon (1026) … Rodald (1095) Méen Simon (1126–1133) Hervé I. Tual (1160) Gestin (1170–1200) Jean I. (1251) Pierre I. Troussier (1333) Hervé II. du Port (1363–1388) Guillaume (1393) Hervé III. de Beaubois (1398–1446)
Abbés commendataires+
Guillaume II. d’Estouteville (1456–1462) Jean II. le Sénéchal (1462–1492) Jean III. Bohier (1492–1508) Guillaume III. Briçonnet, évêque de Saint-Malo (1509–1514) André Hamon (1515–1526) Jean IV. de Langeac Guillaume IV. Eder (1532–1546) Beaudouin de Goulaine (1548–1552) Charles d’Espinay (1558–1575) Parent de son prédécesseur par sa mère Louise de Goulaine, il était le fils de Guy III. d'Espinay. Il cumulait les fonctions suivantes : évêque de Dol, chantre de Rennes, abbé commendataire de Notre-Dame du Tronchet, abbé commendataire de St-Gildas-des-Bois, prieur des prieurés St-Exupère de Gahard et Notre-Dame de Bécherel. Il mourut le 12 décembre 1591 et fut inhumé dans la cathédrale de Dol. Yves Boulanger (1594) François de Cambout (1600–1608) René de la Motte Henri de Bruc Sébastien-Joseph de Cambout (1690) Pierre de Cambout de Coislin (1690–1706), évêque d'Orléans et cardinal Henri-Ignace de Brancas (1706–1760), évêque de Lisieux Allain René du Coëtlosquet (1760–1763) François Marie de Valory de la Pommeraye (1763–1790)
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Source : Wikipedia · Licence : CC BY-SA 4.0 · Image : Ikmo-ned · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0
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Lieu : 47.5164, -2.0369