ChâteauSaint-Menoux

Château de Souys

Château de Souys

Propriété privée

Le château de Souys est un château situé à Saint-Menoux, en France, construit sur les plans de Mansart au milieu du XVIIe siècle. Résidence de nobles sous l'Ancien Régime, lieu de séjour probable de Madame de Montespan, il passe à partir de 1849 aux mains de notables avant d'être acquis au milieu du XXe siècle par une commune de Seine-Saint-Denis pour servir de lieu de villégiature pour enfants.

Localisation+

Le château est situé sur la commune de Saint-Menoux, dans le département de l'Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes, à environ 2 km au nord-est du bourg.

Description+

Le château est un bâtiment du XVIIe siècle, agencé au fond d'une cour d'honneur. Son plan est très symétrique, il est composé d'un corps de logis flanqué de deux ailes qui forment un avant-corps sur chaque façade. Chaque corps de bâtiment est couvert d'une toiture indépendante en ardoise, en forme de pavillon. Les façades sont ornées de chaînes d'angle traitées en bossage rustique très en relief. L'élévation est rythmée en travées, avec un rez-de-chaussée, un étage et un étage de comble. L'accès à la cour d'honneur (à l'ouest) se fait par un portail en plein cintre (bossage atténué, chapiteaux ioniques). De chaque côté de cette entrée s'élève un pavillon dans le style du château : celui de gauche est la maison du portier ; celui de droite abrite une chapelle, construite sur un plan circulaire, avec une coupole reposant sur un ordre classique, avec un sol en carreaux noirs et blancs, un autel peint et doré avec des colonnes ioniques, tabernacle et gradins. À droite de la chapelle, à l'est, s'étendent les bâtiments de la ferme. Une porte charretière donne accès à la cour de ferme fermée. Elle comprend deux étables-granges, un four à pain, un bassin, la maison du fermier (cheminée conservée) et un placard d'angle. Sur l'étable-grange sud, l'étage de comble est brisé. Toutes les toitures sont en ardoise, à l'exception des bâtiments agricoles. Le logis était remarquable par son immense salon qui s'étendait au premier étage entre les deux pavillons : il contenait une suite de cinq tapisseries de la Manufacture royale de Beauvais, signées Behaeghe, à fond d'argent. Elles représentaient sur un fond de paysages avec maisons, cours d'eau, animaux, oiseaux, etc. le repos de Diane et de ses compagnes, l'enlèvement d'Europe, le sommeil d'Endymion, Diane et une de ses compagnes et la rencontre de deux figures mythologiques. Les bordures étaient ornées de vases et de rinceaux fleuris. Ce logis a été remanié à l'ouest en 1872 par Jean-Bélisaire Moreau (1828-1899), architecte moulinois, souvent collaborateur de Viollet-le-Duc et connu dans l'Allier où il restaura de nombreux autres châteaux (Avrilly, Busset, Lapalisse) et fut nommé inspecteur des travaux diocésains de Moulins. Le bâtiment est partiellement (façades, toiture et grand portail) inscrit au titre des monuments historiques depuis 1952.

Histoire+
Un domaine aux mains de la famille Gaudon pendant près de deux siècles+

Dès 1375, on trouve la mention de la « Grange de Soye », un bien possédé en commun par Hugues Regnier et sa femme Jacquette. Le nom deviendra plus tard « Souye » : c'est ainsi que fut appelé le domaine de Jean Gaudon, qualifié de « Seigneur de Souye » en 1493 et 1518. Un siècle plus tard, en 1604, le domaine est toujours aux mains d'un descendant de Jean Gaudon, Nicolas Gaudon, fils d'un Jean Gaudon, lieutenant général au duché de Bourbonnais, seigneur de Souye, Foullet et Arvilly. Nicolas Gaudon fut lieutenant général à Orléans, puis trésorier de France à Moulins, ainsi que seigneur de Souys et Foullet. Le bâtiment qu'il habitait à Souys n'était pas le château actuel, mais ce qui deviendra plus tard le « vieux Souys » ou « Grand domaine de Souys ». Son troisième enfant, Pierre Gaudon, né en 1613, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, hérite des terres de Souys, tandis que celles de Foullet, avec d'autres, reviennent à l'aîné. Pierre acquiert de nouvelles parcelles et est déjà propriétaire de la Grange en 1644. Après une dizaine d'années, il délaisse le vieux Souys ou « Grand domaine » aux fermiers pour le château actuel qu'il fait édifier en 1655 et 1656. Des mains de Pierre, le domaine semble être passé à son troisième enfant, Marc Antoine Gaudon, écuyer, capitaine au régiment de Condé, seigneur de Souys, mais en 1692, Marc-Antoine le vend à Jacques Faverot.

Un château dessiné par Mansart pour Madame de Montespan ?+

Le château – parce qu'il fut construit sur les plans de Mansart, surintendant des bâtiments du roi – est l'objet de récits quasi légendaires, transmis par les différentes familles qui l'ont habité. Tous concernent la personne de Madame de Montespan, favorite royale, mère de huit enfants qu'elle eut avec le roi Louis XIV. Le château aurait été construit sur ordre de Louis XIV pour Madame de Montespan. Cela s'avère inexact. Madame de Montespan ne fit que séjourner à Souys : il est certain qu'elle y fut reçue au moins en mai 1700 par Jacques Faverot, alors qu'elle se rendait aux bains de Bourbon-l'Archambault ; son passage à Saint-Menoux est signalé le 17 mai. Peut-être y fit-elle halte à d'autres moments entre 1692 et 1707, date de sa mort à Bourbon-l'Archambault. La tradition fait même état d'un séjour en 1668, alors que le château était encore la propriété de Marc Antoine Gaudon : âgée alors de 28 ans, Madame de Montespan y aurait accouché d'un enfant. Cela n'est pas historiquement attesté. La chambre du premier étage, à côté du Grand Salon ou de la Galerie, fut longtemps appelée « chambre de Madame de Montespan » ou « chambre rouge ». Il n'est donc pas exclu que deux des propriétaires du château de Souys, Marc Antoine Gaudon en 1668 et Jacques Faverot en 1700, aient reçu Madame de Montespan alors qu'elle se rendait à Bourbon-l'Archambault.

Une série de changements au XVIIIe siècle+

Jacques Faverot de Neuville, seigneur de Saint-Aubin, écuyer et capitaine au régiment d'Auvergne, devient propriétaire du château en 1692. Jacques Faverot acquiert en même temps que Souys la terre voisine de Cluzor. Il conserve Souys jusqu'en 1720, date à laquelle il le vend à Nicolas-Pierre Amyot de Montérigny. Souys reste deux générations dans la famille Amyot, qui par la suite réunit également les terres de Cluzor et de Souys entre leurs mains. On trouve en effet trace d'une vente du 6 février 1745 par Gilles Brunet d'Évry de ses « fiefs, terres et seigneuries de Cluzor et Lépaud » à Pierre Jacques Renaud de Boisrenaud, capitaine au régiment de cavalerie de Rohan, qui lui-même revend très peu de temps après une partie de Cluzor à un Amyot, Claude Parfait, qui sera par la suite qualifié de « seigneur de Souys et Cluzor ». Les deux fiefs réunis formaient un ensemble important, d'une superficie de 600 à 700 hectares. Lors de leur vente par Claude Parfait Amyot en 1775, le prix total s'élevait à 244 600 livres, dont 15 600 pour Souys. L'acquéreuse était Madame de Serre de Saint-Roman, née Françoise de Murard, épouse d'un conseiller au Parlement de Paris. Par son acquisition de 1775, elle possédait deux châteaux, celui de Souys et celui de Cluzor, une « réserve » (peut-être le Domaine de la Cour à Souys), sept grandes fermes, une tuilerie, un moulin et un logement de fermier.

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Source : Wikipedia · Licence : CC BY-SA 4.0 · Image : Unknown authorUnknown author / Public domain via Wikimedia Commons

La description s'appuie sur les faits documentés dans l'article Wikipédia lié ; le contenu de Wikipédia est sous CC BY-SA 4.0. Formulation et édition : Mobile Geschichte.

Lieu : 46.5891, 3.1785